Blog Blutch du Colorado

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vendredi 4 décembre 2009

LES 6 PRISONNIERS MEHARISTES - TIMIMOUN I

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Voici un complément d'information de la part de mon Ami Raymond CLOAREC sur l'opération de Timimoun de novembre 1957.
Et cliquer aussi sur le tien que Raymond vous offre 0427_001__1_ document exclusif qu'il tient à vous faire partager.

Merci Raymond pour tes récits , tes appels au téléphone et surtout de ton Amitié.

Rappel des deux autres articles sur l'opération TIMIMOUN http://biggles2007.canalblog.com/archives/2009/11/21/15601880.html

http://biggles2007.canalblog.com/archives/2008/11/17/11309937.html

Et aussi on est toujours à la recherche de volontaires pour une association que Raymond Cloarec souhaite monter , n'hésitez pas à nous contacter !!!
Rappel d'un commentaire de mon ami Raymond

LE DERNIER RECOUR
POUR INFORMATION A TOUS
CETTE INITIATIVE JE L APPELERAI
//LE DERNIER RECOUR//
POURQUOI ?
si nous voulons defendre l'honneur du general marcel BIGEARD et continuer le combat ; il faut tenter UN DERNIER RECOUR PENDANT QU'IL EN EST ENCORE TEMPS de son vivant.
COMMENT?
il faut creer UN COMITE DE DEFENSE DES DROITS ET DE L HONNEUR DU GENERAL BIGEARD.
CELUI CI DEVIENDRAIt A SA MORT le plustard possible LE COMITE DU SOUVENIR DU MARECHAL DE FRANCE MARCEL BIGEARD.
EN ATTENDANT?
des maintenant nous devons passer à L'OFFENSIVE
//C'EST A DIRE CREER CE COMITE AVEC DES PERSONNES DE BONNES VOLONTES//

//FAUT IL ENCORE TROUVER CES PERSONNES?//
POURQUOI?
il s'agit de trouver des volontaires DESINTERESSEES PERSONNELLEMENT//sans aucune recherche d interets personnels
ENSUITE ?
////////////NOMMER UN PRESIDENT///////////
JE LE VOIS DANS UNE TRANCHE D AGE///45 A 55 ANS
DE PREFERENCE UNE PERSONNE QUI N A FAIT AUCUNE GUERRE.
POURQUOI?
IL SERA PLUS CREDIBLE AUPRES DES AUTORITES
QUI SERONT DE SON AGE ET N AYANT FAIT EUX AUSSI AUCUNE GUERRE.
POURQUOI?
UNIQUEMENT DU FAIT QUE TOUTES DEMANDES EN FAVEUR DE //BRUNO //SE FERA SANS AUCUNE INFLUENCE OU SENTIMENT D ANCIEN COMBATTANT.//tres important
car cela suprime les afinites envers lui et les influences//COMBATTANTES?.//C EST A DIRE NEUTRE.
IL FAUT FAIRE PARLER //UNIQUEMENT LES SENTIMENTS DU PEUPLE //EN GENERAL PAR L INTERMEDIAIRE DES ENFANTS DE CEUX CI//Les anciens combattants://
////////LES DEMARCHES N EN SERONT QUE PLUS CREDIBLES.///C EST MON POINT DE VUE.

///////DES QUE CE COMITE SERA FORME//////

SA PREMIERE MISSION///SERA DE DEMANDER UNE AUDIENCE////AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE////
ET OUI////VOILA POURQUOI JE L AI APPELE
///////LE DERNIER RECOUR.

/////MAINTENANT APRES AVOIR LU LE LIVRE DE //BRUNO
VOUS DEVEZ SAVOIR QUE NOUS NE SOMMES PAS LES SEULS A NOUS ETRE BATTUS //POUR LE MARECHALAT OU LA MEDAILLE MILITAIRE DE BRUNO?

CECI DEVRAIT VOUS DONNER //DE L ELAN ET L ENVIE DE VOUS BATTRE D AUTANT PLUS QUE NOUS NE SOMMES PLUS SEULS/////L UNION FAISANT LA FORCE ALORS RIEN N EST PERDU............IL SUFFIT D Y CROIRE.
/////LE COMBAT SERA DUR///MAIS PAS IMPOSSIBLE.

////////VOUS AVEZ TOUS LU LES SENTIMENTS DE BRUNO
////////VOUS AVEZ TOUS LU LES MIENS//ils se confondent aux siens.
////////NOUS SOUHAITONS BONNE CHANCE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET NOUS ADMIRONS SON COURAGE////IL DOIT SAVOIR QUE MALGRES NOTRE PASSE //AU SERVICE DE L ETAT //POUR LE MEILLEUR ET LE PIRE //NOUS ASSUMONS NOS ACTES//?
ET RESPECTONS //L ETAT ET SON PRESIDENT //QUEL QU IL SOIT//DE GAUCHE OU DE DROITE PUISQUE ELU PAR LE PEUPLE.///////DANS CES CAS LA ///NOTRE FRANCHISE SON FRANC PARLE //DOIVENT CONTRIBUER
AU RESPECT //DES AUTORITES.?

VOILA LES RAISONS QUI FONT QUE LE PRESIDENT
NOUS RECEVRA.

/////FAUT IL ENCORE ETRE CONSTITUE //EN COMITE
REPRESENTATIF.........ET JE SUIS PLUS QUE CERTAIN
QUE LE PRESIDENT //NOUS RECEVRA NE SERAI CE QUE PAR RESPECT POUR LE GENERAL MARCEL BIGEARD.....
/////////QU IL ADMIRE.

////REGROUPEZ VOUS; ORGANISEZ VOUS; STRUCTUREZ VOUS;////

////////JE FAIS APPEL AUX VOLONTAIRES/////////

CAR VOUS ETES SON DERNIER RECOUR
BIEN QUE LUI NE DEMANDE
COMME TOUJOURS JAMAIS RIEN !
RAYMOND CLOAREC //QUI VIENT DE VOUS TRACER LE CHEMIN A SUIVRE.

A BIENTOT LES AMIS //DU COMITE DU SOUVENIR DU GENERAL MARCEL BIGEARD.//PROCHAINEMENT::

::::::::::::si vous le voulez bien::::::::::::

Merci Raymond pour cet appel

Donc en Avant , je compte sur VOUS TOUS !!!arton1050_4b529


Christophe

Monsieur le président de la République Nicolas SARKOZY
Monsieur le premier ministre François FILLON
Monsieur le ministre de la défense Hervé MORIN

Si vous passez sur ce blog par hasard (on ne sait jamais)
Je vous demande de bien vouloir nous accorder une audience dès que notre comité sera constitué. Il nous faut rendre hommage à ce grand Monsieur qu'est le Général Marcel BIGEARD.
Certes c'est un blog modeste qui "parle" de tout , une passerelle avec le monde mais où l'on trouve des gens qui admirent le général Bigeard qui a tant fait pour notre beau pays qu'est la France.
Je vous remercie

Posté par Christophe du 77 à 15:23 - BIGEARD , CLOAREC , SENTENAC - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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samedi 21 novembre 2009

Sentenac à Timimoun. Récit de son ami Raymond Cloarec

ecusL'année dernière http://biggles2007.canalblog.comcanalblog.com/archives/2008/11/17/11309937.html , grâce à Raymond Cloarec on avait pu être au coeur de cette bataille de Timimoun.
A l'occasion de la date "anniversaire" , il est bon de relire de nouveau le récit de Raymond Cloarec.
Il a témoigné sur de nombreux sites concernant cette opération. Ici je reproduis son journal de marche du 21 novembre 1957

" Voici ; la chronologie de l'opération Timimoun :

du 20 novembre 1957 AU 24 novembre  : nous sommes parti de Timimoun colonne par un à la tombée de la nuit du 20 au 21 novembre . Voici ce que j'ai noté sur mon journal 3 ème compagnie en tête première section 31 la mienne de Roher et Sentenac en tête nous ouvrons la marche direction : Tabelkosa en suivant le plus possible les traces de pas ou des chameaux des méharistes déserteurs détectées par un piper qui nous survolait et nous guidait dans notre progression dans le sable.

Puis vers minuit le lieutenant Pierre Roher demande à Sentenac de faire accélérer en tête , réponse de Sentenac : "attention ; ça ne suit pas , la compagnie décroche".
Roher lui répond (j'étais à côté) "ça ne fait rien , on se regroupera plus tard mais je veux que l'on soit les premiers à les accrocher !"

Sentenac me dit : "ce con va finir par nous faire flinguer !!! Continue la progression avec lui et ton groupe moi je vais faire ralentir de l'arrière".

J'ai donc continuer mais vers deux heure du matin c'est le capitaine de Llamby qui appelait constamment par radio : "31 ici 30  , ralentissez en tête nous sommes loin derrière et ça ne suit plus." Roher dit au radio "ne répondez pas". Une fois Deux fois Trois fois de Llamby fini par lui dire : "Ralentissez non de dieux  !! M'entendez vous 31 parlez !!"

Roher n'a pas répondu et a dit au radio "couper la liaison et nous dirons que nous étions en rade de piles." et m'a demandé encore d'accélérer. Vers cinq heures du matin nous n'étions plus que douze en tête , mon groupe 6 voltigeurs (5 du fusil mitrailleur) , moi , le lieutenant Roher , le Radio mais sans l'infirmier Fialon qui était resté avec le groupe Sentenac.

Et ce qui devait arriver  , arriva !!!

Les premiers coups de feux d'un méhariste déserteur embusqué qui toucha mon premier voltigeur bell et nous bloqua aussitôt la progression.

Là le lieutenant Roher vint vers moi et me dit "arrêtons nous la en défensive et attendons Sentenac et le reste de la compagnie"

Aussitôt je me suis dit : "ah le con !!! "

45 minutes environ après les premiers coups de feux notre 1 er blesse et notre blocage sur place le lieutenant réussît à reprendre la liaison radio avec le capitaine de Llamby qui semblait d'après les réponses de Roher furieux . Puis arrive Sentenac et un groupe attarde volontairement d'après Sentenac qui essayait de regrouper la compagnie de l arrière en arrivant a notre hauteur. Sentenac vient directement vers moi tout en passant devant le lieutenant et lui montrant sa colère  , il me dit : "clo clo d'où viennent  les tirs ?!" Je lui montre la direction nord  "A peu près à 400 mètres il y a un guetteur isole repéré dans mes jumelles  , un snipper embusqué sans aucun doute charger de retarder notre avance et  de prévenir la bande de notre arrivée".

Sentenac voulut monter sur la dune en restant debout alors que moi je suis rester couché en haut le corps en contre bas tout en lui disant "Sergent-chef attention !!! J'ai l'impression que celui la tire très juste." (après l accrochage nous avons appris que c'était un tireur d'élite qui arrivait d'après les prisonniers à tuer des gazelles à 800 mètres avec son fusil a lunette)

Sentenac avait tout vu avant de tomber. Il s'est retrouvé face à un tireur d'élite qui avait un fusil à lunette et qui l'a eu . Moi il m'a loupé. La balle n'est pas passée loin. Sentenac souffrait terriblement. "Clo Clo laisse moi c'est la fin… occupe toi des gus…du reste de la section … car les fellouzes sont derrière les dunes"

Je dis à l'infirmier Roland Fialon :
- Fais lui une piqûre de morphine.
A cet instant le radio Rock me crie :
- Sergent le lieutenant est tombé.
Il s’agit du Lieutenant Roher, le chef de la section.
Je dis à Fialon d’aller vite voir le lieutenant

Roher est mort sur le coup. Mais Fialon au lieu de tirer le corps du lieutenant vers le bas comme je l’ai fait pour Sentenac et nous protéger ainsi des coups de feux, resta à cheval sur la dune pour le dégrafer, et là, dans la minute, le même tireur lui logea une balle dans la carotide le tuant sur le coup. Le tireur était un adjudant de l'armée française qui s’était enterré, caché dans le sable. Et nous ne le voyons pas, Sentenac l'avait vu. Pas moi. Devant, derrière les dunes, tous les méharistes déserteurs. Je n'ai pas voulu quitter Sentenac de peur qu'on vienne l'achever. J'aurais préféré crever avec lui.

Mais en attendant les ordres de ‘Bruno’ Bigeard, il n'y avait plus de chef. J'étais l'adjoint de Sentenac qui a continué à me parler, en particulier de son fils qui avait 6 ans et de son épouse, avant de sombrer dans le coma.

Nos armes automatiques étaient enrayées par le sable ; autour de nous, des morts et des blessés graves cloués au sol par le tir ennemi. Avec le radio Rock, nous avons essayé de joindre le colonel Bigeard avec le poste de radio SCR 300 par l'intermédiaire du Piper. Non sans mal, la liaison fut établie :
- De Bruno… m’entendez vous… parlez...
- 5 sur 5 Bruno.


Et je lui explique la situation. Voici ses ordres :
- Bruno à 31 (notre indicatif). Faites Nettoyer vos armes deux par deux et faites placer sur le sol vos panneaux fluorescents sur vos musettes car le piper n'arrive pas à vous situer par rapport aux fellouzes. Ils sont tous autour de vous. Restez en défensive. Utilisez vos grenades et vos lances grenades. Ne bougez plus. Gardez les corps et les blessés. Je vais faire venir un barlu Mammouth (Hélicoptère lourd Sikorski équipé d'une mitrailleuse 12 m/m 7 de gros calibre) pour éviter l'assaut des rebelles et en attendant le parachutage au nord de votre position de la 4e compagnie du capitaine Douceur. Nous allons avec votre aide essayer de les coincer en tenaille. Tenez bon et Bonne Chance. »

L'autre jour Raymond me disait "qu'ils en avaient bavé" ses hommes et lui ; les méharistes avaient fait leur Camerone , aucun n'avait levé les bras , aucun ne s'était rendu.
Monsieur Cloarec par ses mots leur rendait hommage au téléphone. Je fus touché par son récit , sa peur rétrospective , les balles qui sifflaient , la perte de son meilleur ami le sergent-chef René Sentenac...

Journée particuliére pour mon ami Raymond aujourd'hui

Cliquer sur le lien suivant "Apr s le combat" , monsieur Cloarec vous livre un document exceptionnel (document déposé au service historique des armées) > Apr_s_le_combat

Timimoun_21_novembre_1957_2_5ea48

Cliquer sur le lien suivant , un récit de HANI Abdelkader Université de Sidi Bel Abbes 

"Harkati Mustapha et les hommes qui sont morts dans le erg ,et qui ont pour noms Hanani Ali , Mohamed Ben Dahmane,Kaddour Beddiaf,Hamida Ben Laagoun,Abdelkader Kahlouche , Mohamed Ben Dahmane ,pour ceux dont on retenu les noms méritent une commémoration digne du sacrifice qu’ils ont consentit pour l’Algérie"

http://www.afriblog.com/blog.asp?code=haniabdelkader&no_msg=7213 Vu du côté algérien

  3e_RCP_14 Monsieur Raymond CLOAREC vient de tourner une émission pour la télé algérienne concernant cette bataille.

Posté par Christophe du 77 à 08:00 - BIGEARD , CLOAREC , SENTENAC - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 2 novembre 2009

le Général Bigeard , l'adjudant Zga , monsieur Cloarec

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  Le dernier livre du général Bigeard , il nous dévoile son point de vue sur tout ce qui fait l'actualité (Iran , Irak , AfghanistanAfghanistan , le livre blanc des armées , le terrorisme , l'éducation....) Et son combat contre la vieillesse. Livre passionnant , merci mon Général pour ce dernier livre.

  Je discute souvent avec monsieur Cloarec (grand ami) , il vient de participer pour la télévision algérienne à un documentaire sur la bataille de Timimoun (novembre 1957). Il dévoile les dessous de cette bataille et les enjeux (nos puits de pétrole) sans oublier de rendre hommage aux combattants des deux camps.
Avec son AUTORISATION , je publie une photo de l'ordonnance du général Bigeard : l'adjudant Zga qui participa à cette bataille
.
C'est un document exclusif Copie_de_Num_riser0013 Cliquer sur cette photo , vous pouvez aussi faire un zoom. Un blog interactif qui donne envie de découvrir ces documents.

Je vous donne le lien de l'article fait l'année dernière , n'hésitez pas à le consulter  http://biggles2007.canalblog.comcanalblog.com/archives/2008/11/17/11309937.html

Je tiens aussi à remercier Monsieur Raymond Cloarec pour tous les documents reçus , pour ses récits et le partage de son histoire - son expérience et , sans rien cacher de tous les combats qu'il a connu.
Voilà une photo de mon ami avec un de ses frères d'armes. Raymond se "bat" aussi pour que l'on augmente les pensions de nos fidéles harkis et ça il faut le signaler

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Posté par Christophe du 77 à 14:18 - BIGEARD , CLOAREC , SENTENAC - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 7 mai 2009

DIEN BIEN PHU - 7 mai 1954

9782847341188 A cette époque où, selon mon indicatif radio, je devenais Bruno, je ne savais pas encore que nous vivions les plus belles années de notre vie. Les plus belles parce que les plus dures. Elles étaient aussi les années les plus amicales, les plus orgueilleuses, et les plus solitaires :

Les plus amicales parce que nous étions, à la vie, à la mort, entre camarades ;

Les plus orgueilleuses parce que jamais autant nous n’aurions la fierté de notre tenue et de notre uniforme.

Les plus solitaires enfin, parce que nous menions en des terres lointaines un combat d’idéal, aussi ignoré de la métropole que celui des Croisés de la première croisade, il y a neuf cents ans, quand le moine Bruno, mon saint patron à la guerre, fondait l’ordre des Chartreux.

Oui, les camarades parachutistes, les solitaires parachutistes, les orgueilleux parachutistes étaient alors portés par un destin semblable à celui des Croisés ou à celui des moines, des moines guerriers, des Templiers.

Et j’imagine que, nonobstant l’armure, les chevaliers du Temple n’auraient pas été mécontents de sauter sur Jérusalem en arrivant du ciel, comme nous allions le faire tant de fois, de la RC 4 à la Plaine des Joncs, et de la Rue sans Joie à Ðiên-Biên-Phu.

Je crois que c’est en effet l’esprit - du moins un certain esprit, une certaine idée de nous-mêmes - qui nous permettait de nous manifester ainsi, au plus fort des combats. On sait contre quoi, contre qui nous combattions : Contre un monde opposé à celui de l’esprit. Et puis, il y avait en nous autant de secrète vigueur de venir au feu en tombant du ciel qu’en parcourant des lieues à travers la jungle, la rizière ou la montagne. L’esprit nous animait.

L’esprit, d’abord, du dépassement de soi. J’ai vu combien de garçons de vingt ans, ou même de trente, s’agripper à la carlingue et sauter dans l’inconnu mortel alors que, deux ou trois heures auparavant, ils se trouvaient encore à Hanoï dans l’insouciance ou les plaisirs de quelque lieu de détente ! Et j’en ai vu combien marcher sur la piste jusqu’à l’épuisement ou courir à l’assaut jusqu’à la chute ! Je le dis : une telle vigueur physique n’est pas possible sans une ardeur morale. Jogging, certes, mais jogging avant tout du caractère et du courage.

Aller ainsi jusqu’au bout de soi, cela s’appelle l’abnégation, cela s’appelle l’esprit de sacrifice, et cela signifie que l’on défie la mort en combat singulier, la mort qui est autour de nous tous. Je les salue, mes camarades parachutistes qui l’ont rencontrée sans peur. Leur mort est à jamais notre mérite.

L’esprit d’équipe ensuite, l’esprit de camaraderie. On dira peut-être esprit de caste, de clan, de corps. Soit, si cela veut dire que l’on a la volonté d’être les meilleurs et que cela ne vous est pas donné par quelque grâce d’état ou d’uniforme.

Oui, nous osions espérer être les meilleurs, mais les meilleurs parmi nos égaux, nos frères d’arme. Et, s’il y a caste du combat, clan de guerriers, si le parachutiste veut encore être aujourd’hui ce primus inter pares, c’est surtout à l’Indochine que nous le devons. Après la Bretagne ou la Hollande, avant Suez ou Timimoun, et aussi avant Kolwezi, il y eut l’Indochine : That Khé, Tu Lé ou Ðiên-biên-phu furent les creusets où se forgèrent l’esprit, la geste et la chevalerie parachutistes.

Esprit français enfin. Cet esprit para qui devait jaillir du ciel d’Indochine, comme une corolle, a-t-on remarqué qu’il était particulièrement représentatif de ce que le soldat français a toujours eu de meilleur en comparaison de tous les autres ?

L’astuce et la fougue, l’audace et la furia francese, l’intelligence du combat, le sens du terrain, le flair du danger, le goût de la manœuvre, la souplesse de l’approche, tout cela qui rend le parachutiste français le plus para des aéroportés, là aussi ce primus inter pares parmi nos camarades du monde entier, tout cela naquit de la guerre d’Indochine.

J’ai souvent dit ou écrit, il faut « être et durer » ou encore « faire un pas... encore un pas » et savoir repartir à zéro.

Le vieux soldat que je suis devenu essaie de continuer à servir en puisant certes dans son passé, mais en ayant le regard fixé sur ce que pourrait être demain, et où là comme ailleurs les paras qui furent toute ma vie sauront défendre une liberté qui n’a pas de prix.

Marcel BIGEARD


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Le général Bigeard le 19 Février 2009

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Posté par Christophe du 77 à 17:30 - BIGEARD , CLOAREC , SENTENAC - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 6 mai 2009

Dien Bien Phu : De Galard , Schoendoerffer , Bigeard

Posté par Christophe du 77 à 20:14 - BIGEARD , CLOAREC , SENTENAC - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 10 avril 2009

LE PRESIDENT NICOLAS SARKOZY EST INFORME

message urgent s o s medaille militaire pour Bigeard le temps presse
a tous

bigeard vient de rentrer a L HOPITAL
TRES FATIGUE DEPUIS HIER
JE MAINTIENS LE CONTACT
AVEC L HOPITAL TOUTES LES
TROIS HEURES

ORDRE EST DONNER A TOUS

PAR TOUS LES MOYENS PREVENEZ L ELYSEE
LA DEFENSE HERVE MORIN
ET LE MINISTRE DELEGUE AUX ANCIENS
COMBATTANTS QUE LE MOMENT EST VENU
DE NOUS DIRE SI OUI OU NON
ILS VEULENT LUI DONNER
CETTE MEDAILLE MILITAIRE
AVANT SA MORT????

PLUS DE TEMPS A PERDRE OU A ATTENDRE?

RAYMOND CLOAREC

Je viens de rentrer et j'ai trouvé le mail de Monsieur Cloarec. Je mets en ligne son commentaire
A tous , en avant !!!

Etre et Durer
Bien Reçu Clo-clo

Christophe

Posté par Christophe du 77 à 17:46 - BIGEARD , CLOAREC , SENTENAC - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 17 novembre 2008

OPERATION TIMIMOUN 21 NOVEMBRE 1957 - LES CAHIERS DU JOURNAL DE MARCHE DE RAYMOND CLOAREC SUR CETTE OPERATION.

   L'autre jour Monsieur CLOAREC avec qui j'ai de nombreux contacts me demanda si je pouvais mettre des photos du sergent-chef René SENTENAC sur mon blog.
Touché par cette marque de confiance , j'acceptai. Mais ensuite , je me disais "mince Christophe , il ne faut pas décevoir Monsieur Cloarec. Certes je connais l'histoire de SENTENAC depuis mon adolescence , depuis les livres sur BIGEARD que mes parents m'offraient.
Parler de l'ami de Monsieur CLOAREC , ces frères d'Armes et de leur chef de section le lieutenant ROHER lors de la bataille de TIMIMOUM le 21 novembre 1957 ; mais comment en parler sans verser dans l'emphase ? Simplement en restant moi , et m'aidant de citations d'Erwan Bergot et du général BIGEARD tout en remerciant ces hommes biens , oui ces hommes BIENS que sont Bigeard , Cloarec , Sentenac et tant d'autres encore.....".

J'avais et j'ai toujours ce livre de chevet qui ne me quitte pas. "BATAILLON BIGEARD" de Bergot.
René SENTENAC , ce sous-officier qui avait réussi à s'évader de la cuvette de Dien-Bien-Phù quand celle-ci tomba le 8 mai 1954.
Il avait entendu Bigeard dire " Un soldat français n'écoute pas le baratin de l'ennemi. Un soldat français s'évade, un point c'est tout !". Sentenac s'évada avec son chef de section à la CIP " On se tire " lui dit il. Donc 4 paras du 6 éme BPC , Sautereau et Skrodzki s'évadèrent. Sautereau victime du paludisme décédera. Affamés , malades , traqués , ils réussirent le 24 juin à prendre contact avec un maquis du GCMA , ils étaient sauvés.
Une volonté farouche pour réussir une telle évasion. Sentenac avait 24 ans , sergent du 6 BPC.
Il suivit Bigeard en Algérie.

Je laisse ici la place à Monsieur Bergot >
" Le 20 octobre 1957, 70 goumiers de Timimoun se sont mutinés et ont déserté après avoir massacré leurs cadres européens. Profitant du désarroi, les rebelles ont, le 8 novembre suivant, attaqué et détruit un petit convoi de légionnaires escortant des prospecteurs de pétrole. Le 3e R.P.C.
arton1050_4b529 est mis en route le 13 novembre et arrive, deux jours plus tard, à Timimoun, au coeur du Sahara. La mission des paras est irréalisable : leur zone de chasse couvre près de 100.000 kilométres carrés.
Dans l'oasis même, la 4éme compagnie découvre et met au jour l'organisation clandestine rebelle, tandis que les autres nomadisent dans toutes les directions. Et puis, enfin, le 20 novembre, arrive le renseignement attendu : les rebelles sont regroupés au puits de Hassi Rhambou, près de Tabelkoza. C'est là que, le 21 novembre 1957, le 3e R.P.C va livrer un combat légendaire."

Dans ses mémoires, Bigeard se rappelle : « je reçus un message urgent du général Salan : «Vous avez pleins pouvoirs ! Vous avez carte blanche ! Il faut créer le choc nécessaire et impératif suite à cette attaque des pétroliers. Trouver et éliminer les méharistes déserteurs par tous les moyens. !»

Et on ne lésina pas sur les moyens ! On mit à la disposition du colonel Bigeard, commandant du 3ème R.P.C., tous les moyens matériels et humains pour mener à bien sa mission. Le 3ème RPC est aérotransporté à partir de Blida à Timimoun via Bechar par une vingtaine de N 2501. Trois N-2501, trois JU-52 et une douzaine d'hélicoptères. Pas moins de 1570 parachutistes parfaitement entraînés et équipés, des unités de la Légion Etrangère, une multitude de véhicules de transport adaptés au milieu saharien.

Le 13 novembre, suivant les instructions du général Salan, Bigeard débarque à Timimoun , « un point de verdure dans ces immensités désertiques, très belle oasis …mais malheureusement ce n’est pas le moment d’apprécier ces sites magnifiques » note-t-il dans ses mémoires. Il est reçu par le commandement de la place qui lui fait un rapport détaillé sur la situation : « mes unités sont sur le terrain, les avions tirent sur tout ce qui bouge dans le désert, mais pas trace des rebelles ! » avoue le commandant de la place Effectivement, les avions français tiraient tout ce qui bougeait, y compris les paisibles campements de nomades et les troupeaux de dromadaires…

Bigeard s’installe avec son état-major et les premiers moyens de transmissions. Le commandant de la place le convie avec ses officiers à un déjeuner. Des domestiques algériens font le service ; Bigeard tique et met en garde : « Ces domestiques musulmans sympathiques et souriants sont probablement des rebelles ! Attention, je suis convaincu que les rebelles sont parmi nous . »

Le 14 novembre, Bigeard prend ses quartiers à Timimoun et commença le « travail ». Première décision il ordonne l’arrestation des ouvriers algériens travaillant pour la société pétrolières et qui purent s’échapper lors de l’attaque du convoi par les méharistes.

Le 15 novembre, après avoir fait le point de la situation à Timimoun, Bigeard s’impatiente. Une partie des hommes et des equipements demandée n’est pas encore arrivée. il adresse un message au général de région à Bechar lui soumettant son plan travail et le pressant de lui envoyer les moyens et troupes promit. Le jour même, Bigeard reçu une délégation de patrons de sociétés pétroliers qui mirent à sa disposition leur flotte de véhicules Land-Rover « plus appropriés que mes jeeps dans les déplacements au Sahara ».

Le 15 , au soir , Bigeard ayant reçu les moyens promis, commença le travail de recherche. Bigeard est un peu perdu : « Comment trouver les rebelles déserteurs dans ces immensités désertiques hostiles, dans cet ocean mer de dunes, avec une chaleur insupportable, les tempêtes de sable, le manque d’eau ? » écrit-il dans ses mémoires.

Les unités de commandos, les avions et les hélicoptères quadrillent toutes la région autour deTimimoun. Bigeard travaille en collaboration avec le général Katz et le 1er R.E.P. sous les ordres de Jeanpierre dans la région de El Golea.

Le 16 novembre, les avions et les hélicoptères comme les unités au sol retournent à la base, le soir, bredouilles. Les rebelles ont totalement disparu ! Le 17, les recherches et autres ratissages sont toujours infructueuses. Le 18, « toujours rien à signaler » note Bigeard dans ses mémoires, déçu.
Le 19, les politiques commencent à s’inquiéter à Paris .La hiérarchie militaire s’impatiente. Le général arrive de Colomb-Béchar pour faire part à Bigeard des inquiétudes de Paris. Pourtant à Paris, toute la presse claironne triomphalement « les commandos de Bigeard parachutés au Sahara… », histoire de remonter le moral au pétroliers ….

Ne pouvant atteindre les méharistes qui se sont évanouis dans le Sahara, Bigeard, se retourne contre les populations civiles. En spécialiste de la lutte antiguérilla il s’attacha à la collecte des renseignements. Et pour collecter les renseignements, Bigeard avait expérimenté des méthodes lors de la bataille d’Alger. Timimoun et les paisibles ksour qui gravitent autour connurent alors « les techniques Bigeard » ; tortures, exécutions sommaires, bombardement tout était bon pour obtenir les renseignements ou au moins terroriser la population et lui faire passer l’envie de passer au FLN. Tout Algérien était suspect.

Le 20 novembre « Ce travail de fourmi qui consiste en collecte de renseignements,leur vérification , leur recoupement a permit l’arrestation de 90 personnes à Timimoun et la récupération de 32 armes », sous-estimant volontairement l’ampleur de la répression que ses commandos menaient contre les paisibles ksouriens .A défaut d’atteindre les maquisards de l’ALN que le désert semble avoir avalé , Bigeard livre à sa hiérarchie impatiente et inquiète les premiers résultats : des centaines de paisibles ksouriens claironnant qu’il a démantelé l’organisation politico-militaire FLN qui a servit d’appui aux méharistes rebelles.

Bigeard prétend même que son action a été prémonitoire, puisque il, l’organisation politico-militaire FLN planifiait d’éliminer tous les cadres FLN du centre de Timimoun.

Le 21, enfin, le groupe des méharistes ALN est repéré à Hassi Rambou. Aussitôt, c’est le branle-bas de combat : toutes les forces sont dirigés sur ce point .Le centre de radio de Timimoun est chargé de recevoir et de transmettre à la minute près l’évolution de la situation aux « autorités supérieures » à Alger et à Paris .

Timimoun

Bigeard dirige les opérations : Il faut clouer les rebelles sur place et leur couper toute possibilité de retraite vers le nord. Vers 9 heurs du matin, toute la zone de Hassi Rambou est couverte de parachutistes et de véhicules blindés. Une multitude d’avions sillonnent le ciel et les hélicoptères crachent leurs couvées de commandos sur les dunes .Les premiers commandos tentent de s’approcher, très prudemment de l’oasis : elles sont reçus par le feu nourris des maquisards de l’ALN bien embusqués dans les maigres reliefs et végétation qu’offraient le voisinage de Hassi Rambou . « Les Fellaghas, se défendent avec force et courage » reconnaît Bigeard. Toutes la journée les vagues de parachutistes vont s’écraser contre le courage et la détermination des méharistes encerclés, décidés à vendre chèrement leurs peaux. « La bataille est dure, loin de toute centre urbain » ;

La nuit venue, les moudjahiddines purent décrocher et disparaître dans les profondeurs du désert. Le matin du 22 novembre, Bigeard ne peut que constater la disparition des maquisards de l’ALN. Dans ses mémoires, il triomphe pourtant : « Nous avons éliminé le premier groupe 52 fellaghas tués et parmi eux 20 des méharistes déserteurs ».Il reconnaît cependant les lourdes pertes subies par ses troupes en avouant « Nos pertes ont été malheureusement importantes : 12 tués et 8 blessés » .Parmi les tués, son fidèle compagnon de toujours , meilleur ami, le sergent-chef Sentenac, le seul qu’évoquera plus tard Bigeard avec quelque émotion et larmes. L’ E.C.P.A.D. garde dans ses fonds les images de l’évacuation de morts et de blessés par Sikorski au cours de l’opération Timimoun en novembre 1957.

Les recherches continuent pour retrouver le reste du groupe ALN qui a pu décrocher. Toute la journée les avions et les hélicoptères battent le désert. En vain ; les maquisards se sont évanouis dans l’erg… les troupes de Bigeard découvre toutefois des caches d armes et d’approvisionnement et des archives qui révèlent l’existence de plus de 60 moudjahiddines

A Paris ou les informations ont été communiquées, c’est le triomphe. Tous les journaux ont font leurs unes ; France-Soir titre : « au coeur du Sahara, les commandos de Bigeard attaquent ! », le Figaro : « Au Sahara, en plein erg occidental, les parachutistes de Bigeard éliminent le groupe rebelle qui menaçait les pétroliers ». A Alger, l’Echo d’Alger : « Les parachutistes de Bigeard pourchassent les rebelles de Timimoun »


Monsieur Bergot et ce texte retranscrit ci-dessus du site Histoire Vraie  (et vérifié grâce aux ouvrages de Bigeard et Bergot + les anecdoctes de Cloarec) ont  bien résumé mais je dis à quel prix cette victoire et ce succés remporté.
Voilà ce qui s'est passé , Monsieur Cloarec m'a envoyé des photos personnels de cette opération. Le photographe Marc Flament (1929-1991) lui a donné ces clichés.
Ici un petit "+" dans cet article (presque interactif ce blog) : cliquer sur la photo , vous pourrez "zoomer" dessus et lire ces anecdoctes inédites que Monsieur Cloarec vous dévoile. Il a connu cette opération avec son ami René SENTENAC.

Monsieur Cloarec >
zzzz

Ce qui s'est passé , des photos avec les commentaires de Monsieur Cloarec , des flashs sur cette opération et principalement sur le lieutenant Roher , le sergent-chef Sentenac , l'infirmier Fialon Roland (1936-1957) et le sergent Cloarec

z  Au coeur du combat avec le lieutenant Roher > zzzzzz   XXXX

    Le général Bigeard a écrit un texte sur le sergent-chef Sentenac > " Puis ce fut Sentenac. Il dut encore fournir un dernier effort pour mourrir. Il savait bien qu'il avait gagné et c'est pour cela que son visage apaisé nous parut si beau. Ce qu'il cherchait de l'autre côté de la crête, ce n'étaient pas une poignée de bédouins et leurs fusils, mais cette chose impossible qui le hantait depuis si longtemps et qui ne se trouve que dans le sacrifice et la mort. Seule, elle permet de se confondre avec ce qu'il y a de plus grand, de plus innaccessible. C'était sa maniére à lui Sentenac, de comprendre Dieu. Et ça, aucune bête au monde ne pourrait le faire...". Belle hommage de ce grand général pour l'un de ses hommes qui a connu l'Indochine et l'Algérie , 5 années à être sous les ordres de "Bruno".
Sentenac repose à Saint-Martin-du-Touch, Toulouse, Haute-Garonne, Midi-Pyrénées. Une rue de la ville porte son nom.

zz  ETATS de service de René SENTENAC

Je remercie Monsieur Cloarec pour ces photos , les commentaires et ces nombreux textes. La photo suivante suivante est la dédicace du général Bigeard pour celui-ci

zzz

Je laisse ici la "parole" à Monsieur Cloarec (nombreux échanges de mails ces derniers temps , connaître l'histoire de cette opération avec l'un des principaux "acteurs" , je ne l'oublierai Jamais.)

" Maintenant Christophe  je te dévoile les dernières paroles de Sentenac. "

Dès qu'il fut touché , j'étais à ses côtés. (
voir photo du dessus , avec les petites croixXXX.
C'est nous tous les deux. Tu vois ROHER en bas qui essaye de venir vers nous en faisant gaffe car ça tire de partout.)

Aussitôt je tire Sentenac en bas de la dune pour éviter les tirs.

Et là Sentenac me dit :
" Clo Clo laisse moi c'est la Fin " Au lieu de penser à lui , il rajoute " Occupe toi des gus "  Le reste de la section
" Car les fellous sont derrière les dunes "

Il avait tout vu avant de tomber. Il s'est retrouvé face à un tireur d'élite qui avait un fusil à lunette , il a eu Sentenac et moi il m'a loupé. Elle n'est pas passée loin. Sentenac souffrait terriblement. Au moment où je dis à l'infirmier Fialon Roland Marcel : " Fais lui une piqûre de morphine "

A cet instant le radio Rock me crie
 

" Sergent le lieutenant est tombé !!! "  (Roher le lieutenant)

Je dis à Fialon " Va vite voir le lieutenant " Mais il est mort sur le coup.
Mais Fialon au lieu de tirer le corps du lieutenant vers le bas comme j'ai fait pour Sentenac et nous protéger ainsi des coups de feu , il resta à cheval sur la dune pour le dégrafer (!) et là , dans la minute le même tireur lui logea une balle dans la carotide et fut mort sur le coup. Le tireur était un adjudant de l'armée française qui était enterré dans le sable. Et nous le voyons pas , Sentenac l'avait vu. Pas moi. Tous des méharistes déserteurs.

Je n'ai pas quitter Sentenac de peur qu'ils viennent l'achever. J'aurais préféré crever avec lui.
Mais en attendant les ordres de " BRUNO " Bigeard , il n'y avait plus de chef. J'étais l'adjoint de Sentenac qui a continué à me parler :

" Clo Clo si tu vois mon fils " il avait 6 ans , 57 aujourd'hui , il adorait son fils

" Serre le très fort dans tes bras pour moi , ainsi que mon épouse " Une bretonne toujours en vie aujourd'hui. J'ai pu réaliser ce souhait devant la tombe de Sentenac en novembre 2001. J'ai salué et crié " Chef Mission Accomplie ".

Avant de sombrer dans le coma il m'a dit encore

Clo Clo dans la vie il faut savoir Jouer Gagner et Perdre. Aujourd'hui je vais tout perdre ".

Christophe

Voici la suite , Nos armes automatiques étaient enrayées par le sable , des morts et des blessés graves cloués au sol.
Avec le radio Rock , on a essayé de joindre  Bigeard avec le "300" par l'intermédiaire du Piper , pas sans mal. La liaison fut établie.
Bruno : " Bruno , m'entendez-vous ? "

" 5/5 Bruno " et lui explique la situation , voici ses ordres :

" Bruno à 31 (notre indicatif).
Faites  Nettoyer vos armes deux par deux. Faites placer vos panneaux fluorescents sur vos musettes car le piper n'arrive pas à vous situer par rapport aux fellous. Ils sont tous autour de vous. Restez en défensive. Utilisez vos grenades et vos lances grenades.
Ne bougez plus. Gardez les corps et les blessés. Je vais faire venir dans 15 minutes un mammouth Sikorsky (hélico équipé d'une 12/7 mitrailleuse de gros calibre) pour éviter l'assaut fellous et en attendant le parachutage au nord de votre position de la 4 ème compagnie sous les ordres du capitaine Douceur.

Nous allons avec votre aide essayer de les coincer en tenaille. Tenez bon et Bonne Chance. "

Christophe

Voici pourquoi Sentenac on lui a fait porter le chapeau de ce massacre : 12 tués pour 52 Méharistes tués , c'est peu glorieux.

Le Lieutenant Roher , officier ayant fait une erreur de commandement. A savoir , semer la compagnie en nous disant d'aller plus vite , pour pouvoir accrocher les premiers , faire couper la liaison radio car Le capitaine De Llamby (notre commandant de compagnie) hurlait pour nous faire ralentir afin de regrouper la compagnie qui ne suivait plus la cadence de marche commando.
Cadence que nous faisait subir le lieutenant en tête de la progression pour accrocher les premiers comme il n'arrêtait pas de nous dire. En tête et contre la réprobation de Sentenac qui me disait en marchant " Mais il va finir par nous faire tous flinguer ce con !!! "
Et ce qui devait arriver arriva ; Sentenac avait eu raison malheureusement.

Mais les loups entre eux ne se mangent pas , en l'occurrence les officiers. L'état major Salan , Massu à Alger n'ont pas crié comme en Afghanistan vu le nombre de nos morts que c'était une victoire militaire et ont fait , profil bas.
Au moment des décorations si j'ai été cité à l'ordre du corps d'armée , si Roher a eu sur son cercueil la légion d'honneur pour fait de guerre héroïque !!!
Sentenac a dû porter le chapeau , dû à l'erreur de commandement (Roher) , du fait qu'en qualité d'adjoint il aurait dû rester groupé avec le reste de la compagnie.
La grande muette avait sauvé l'honneur de l'officier et détruit l'honneur du sous officier René Sentenac.

Ce sera le mot de la Fin du cas René SENTENAC et , pour son honneur et , enfin balayer le déshonneur de lui avoir fait porter le chapeau de cette opération le privant ainsi de sa rosette d'officier et de son grade d'adjudant qu'il aurait dû avoir de droit. Comme la médaille militaire de Bigeard qu'on mégotte encore aujourd'hui pour lui donner alors qu'il devrait l'avoir eu depuis 1944 de droit.
Jusqu'à mon dernier souffle je me battrai pour ces deux-là sans relâche. Parole de breton.

Christophe

Voici la suite où je veux blanchir Bigeard qui a toujours été accusé de n'avoir pas fait la demande dans le mois. Il l'a adressé à Salan chef d'état major des armées en passant par la voie hiérarchique Jacques Massu commandant la 10 éme D P dans le mois qui a suivi le décés de Sentenac.
Il l'a fait comme pour moi et les autres. J'ai les preuves.
J'ai écrit à Nicolas Sarkozy chef des armées. " Nous sommes en période de réformes des armées monsieur le président. Le code de la légion d'honneur date de Napoléon. Vous avez tous les pouvoirs d'en changer car vous êtes aussi le grand maître de l'ordre de la légion d'honneur.
Je vous demande monsieur le chef des armées , président de la république de bien vouloir réformer l'article R 26 du code de la légion d'honneur afin de pouvoir rendre l'honneur du sergent-chef SENTENAC par la promotion à titre posthume le sergent-chef SENTENAC , Officier de la légion d'honneur et pour le 21 novembre 2008 , Date Anniversaire de sa mort. "
A ce jour 15 novembre je n'ai eu AUCUNE REPONSE mis à part la lettre type depuis De Gaulle.

extrait de la réponse : "Que la réglementation en vigueur ARTICLE R 26 du Code de la Légion d'Honneur et de la Médaille  Militaire ne permet de nommer ou promouvoir dans l'ordre de la légion d'honneur A Titre Posthume les personnes tuées dans l'accomplissement de leur devoir que dans un délai d'un mois suivant les faits. Il n'est donc pas possible de déroger à ce principe qui résulte de textes réglementaires.

Cette réponse fondée sur la réglementation en vigueur n'enléve rien aux grands mérites reconnus de monsieur René Sentenac. "


Pour terminer cet article , j'avais envie de mettre ce passage tiré du livre de Bergot "BIGEARD".

L'académicien Maurice Rheims était venu voir le général à Toul pour parler de culture.
De belles phrases dites par "Bruno" >
 
"Il y a , dit-on une culture de gauche et une culture de droite. Moi je n'y crois pas. La culture, c'est tout ce qui parle au coeur avant de parler à l'esprit".
Et sur la peinture " Voyez vous , maître , les tableaux les plus beaux , je les ai dans la tête. C'est une descente, en pirogue, de la rivière Noire au petit matin dans un paysage dont personne n'a idée.
C'est un coucher de soleil sur les sables de Timimoun.
C'est une nuit d'enfer à Dien-Bien-Phu, zébrée d'éclats de feu...".


Toujours cette référence de Timimoun , ce souvenir vivace qu'il garde en lui et Sentenac , le général ne l'a jamais oublié , une photo de son ami orne l'un des murs de son bureau , fidéle à sa mémoire.


Je dédicace cet article  ,

au Général Bigeard

à Monsieur Cloarec

à la Famille Sentenac , ainsi qu'à son fils Michel

Aux anciens du 3 R.P.C.

Le lien sur l'article que j'ai rédigé sur le général Bigeard et qui , m'a permis de faire la connaissance de monsieur Cloarec. http://biggles2007.canalblog.com/archives/2008/03/03/8066957.html

Posté par Christophe du 77 à 17:05 - BIGEARD , CLOAREC , SENTENAC - Commentaires [66] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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